Coups de gueule,  Parentalité

Arrête de vouloir que tes enfants soient heureux !

Je suppose que ce titre peut te sembler très étrange – et complètement déplacé. Moi-même j’ai un doute en le lisant. Et puis, je me rappelle d’où il vient.

Ce que je vais te raconter ici part de moi, de mon histoire. De mon histoire en tant qu’enfant.

Et pourquoi, je suis totalement convaincue qu’on ne devrait pas absolument chercher à ce que nos enfants soient heureux ! (je m’y attèle personnellement)

Quand j’étais enfant

Ma mère était déjà bien branchée éducation positive, c’est elle qui m’a fait découvrir la CNV. Elle était loin d’être parfaite mais elle avait déjà relativement peu d’attentes sur ce que je devais faire de ma vie.

Idem pour mon père. Ouvert et acceptant de ce que je pouvais amener.

D’ailleurs, quand j’ai arrêté mes études d’ingénieur en paysage en deuxième année, les deux m’ont soutenus. Celui qui a été le plus gêné, ça a été mon beau-père 😅😂

Bref, je m’égare.

Tout ça pour dire que mes parents n’avaient que peu d’attentes envers moi et ce que je devais faire de ma vie.

En fait, ma mère ne voulait qu’une seule chose : que je sois heureuse.

Sympa non ?

La torture

Je vais le dire parce que c’est ce que moi j’ai ressenti ! Pour moi c’était de la torture que ma mère veuille que je sois heureuse.

C’est putain de violent !

En gros, je savais que ma mère voulait que je sois heureuse donc j’ai vite compris qu’elle était malheureuse quand j’étais malheureuse et/ou pas bien.

Et je ne voulais pas que ma mère soit malheureuse.

Bah non. Quel enfant veut que ses parents soient malheureux ?

Du coup, j’ai eu l’impression de porter la responsabilité du bonheur de ma mère. Je me suis mise à porter la responsabilité du bonheur de ma mère.

Je me suis sentie obligée d’être heureuse.

Pour ne pas la décevoir ou pire, la rendre malheureuse.

Je te l’ai dit, pour moi c’est vite devenu un poids. De la torture.

Et si je me sens obligée d’être heureuse pour l’extérieur, je ne suis plus connectée à moi. Je dois juste trouver le plus vite possible comment être heureuse. Enfin… je dois surtout trouver comment faire comme si j’étais heureuse.

Alors que j’ai putain d’envie d’hurler à l’intérieur !

Fous moi la paix !

J’ai juste envie d’être moi et d’être malheureuse si je veux ! C’est ma vie putain !!!

Putain ! Je vois maintenant d’où vient mon envie viscérale de cacher mes émotions négatives et ma difficulté à les accueillir aujourd’hui 😱😱 Bah forcément, si ça rend malheureuse ma mère – ou les autres, faut surtout pas que je les montre !!! Dingue ça 😲

Je t’avoue que le jour où on a eu un gros clash et qu’elle m’a dit que je n’étais plus sa fille et qu’elle ne voulait plus me voir j’ai été… hyper soulagée ! Parce que j’allais enfin pouvoir vivre pour moi et me planter si je voulais, faire des conneries et arrêter de me sentir coupable de ne pas être bien. J’allais pouvoir repartir de moi, enfin !

Ne conditionne pas ton bonheur à celui de ton enfant !

J’avais envie de te partager cette histoire aujourd’hui et mon expérience en tant qu’enfant pour te montrer à quel point un truc qui peut paraître aussi anodin que “vouloir que son enfant soit heureux” (et qui en plus paraît totalement normal et légitime !) en fait peut être hyper violent pour ton enfant.

Pour moi ça a été hyper violent en tant qu’enfant. (Je ne vais pas revenir dessus)

Ici, je voudrais analyser ça de mon point de vu d’adulte.

Ce que je repère, c’est que quand on souhaite que notre enfant soit heureux, dans la quasi généralité des cas ça sous-entends que si notre enfant n’est pas heureux, alors on ne va pas être totalement heureux nous non plus.

Ca veut dire que mon bonheur dépend en partie de l’extérieur, même si cet extérieur est quelqu’un d’aussi proche que mon enfant.

Mon bonheur dépend de son bonheur.

T’as vraiment envie d’être dépendante de l’extérieur ?!

T’as vraiment envie de faire porter la responsabilité de ton bonheur sur TON ENFANT ?!!!

Que ton enfant se sente responsable de TON bonheur ?

Parce que quand tu souhaites qu’il soit heureux, c’est inconsciemment le message que tu lui envois. Je le sais, je l’ai vécu.

Je sais qu’en tant que parent c’est dur à encaisser de se dire que notre enfant va peut-être souffrir.

Je le sais, je parle là en tant que mère et évidemment que je veux leur apporter le meilleur et être là pour eux, les protéger. Evidemment que je ne veux pas que mes enfants souffrent et que je voudrais leur éviter beaucoup des ecueils que j’ai vécu.

Et en même temps, c’est leur vie. Pas la mienne.

Je peux les accompagner, les guider, les protéger, les éduquer au mieux. Je ne peux pas choisir leurs expériences de vie et comment ils vont les affronter. Je ne peux pas choisir leurs défis. Je ne peux pas vivre leur vie à leur place.

Et, putain ! je ne peux exiger qu’ils soient heureux.

Je ne peux pas – et je NE VEUX PAS remettre MON bonheur entre LEURS mains.

Après, je suis bien consciente que je dis ça maintenant qu’ils ont 7 et 5 ans, que je suis encore très présente dans leur vie. Ce ne sera peut-être pas la même quand ils seront ado, adultes, que peut-être ils se mettront à se droguer, à démolir des trucs, à harceler des gens, etc… Ca m’étonnerait mais pourquoi pas. J’en sais rien de comment ils vont évoluer.

N’empêche, je veux leur laisser la possibilité de vivre leur vie, avec leurs défis à eux et leurs expériences, et si ça doit être des expériences souffrantes, qu’il en soit ainsi.

Je ne veux pas leur rajouter en plus la culpabilité de m’avoir rendue malheureuse.

Me préoccuper de MON bonheur

Du coup je vais te dire, ta priorité ça devrait être de t’occuper de ton bonheur à TOI !

Pas celui de tes enfants.

LE TIEN !

Parce que la priorité de NOTRE vie c’est NOTRE bonheur et NOTRE épanouissement !

Pas celui des autres. On peut aider les autres. Les accompagner. Les soutenir. Mais pas décider à leur place de ce qu’ils vivent et ce qu’ils ressentent.

Donc concentre toi sur toi et ce qui te rend profondément heureuse.

Et si tu ne sais pas comment faire pour l’instant, ce n’est pas grave.

Commence à mettre ton attention là-dessus, entraîne-toi et ça va venir progressivement.

Et si tu repères que tu as besoin d’un truc extérieur pour être heureuse (que ce soit le bonheur de tes enfants ou autre) c’est que tu n’es pas tout à fait au bon endroit.

Je le répète : ton bonheur ne doit pas dépendre de l’extérieur !

Plutôt que de viser le bonheur de tes enfants vise ton propre bonheur.

En plus, je suis sûre en plus que ça rendra tes enfants naturellement plus heureux.

Franchement, toi en tant qu’enfant, est-ce que l’un de tes plus grands rêves n’était pas de voir tes parents profondément heureux et épanouis ?

En plus, est-ce que ça n’inspirerait pas plus tes enfants ?

Tu ne serais pas inspiré toi de voir ta mère et/ou ton père kiffer profondément sa vie ? Même sans toi ? Surtout sans toi ?

Moi franchement, ça me donnerait grave la liberté et l’envie de le faire aussi ! Pour moi, pas pour eux (puisqu’ils sont déjà en train de kiffer 😉)

Donc, je n’en suis pas encore là, mais c’est vers là que j’avance : kiffer ma vie pour moi et ne pas dépendre de mes enfants pour être heureuse. Et pour leur laisser la possibilité de vivre leur vie à eux, la vie qu’ils choisiront – et si je peux les inspirer à aller plutôt vers la voie du kiff et de l’épanouissement : trop cool !!! Mais s’ils choisissent une autre voie, je veux les laisser libre de faire. Et continuer moi à kiffer de plus en plus profondément ma vie.

Voilà mon point de vu et mon expérience sur ce sujet que tu as dû sentir très vivant pour moi 😊🤗

Dis moi en commentaire comment tout ça atterri chez toi. Ca te parle ou bien alors tu penses que j’ai carrément perdu la boule et c’est la dernière fois que tu viens ici ?

Si cet article t'as plu, partage le !
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

2 commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *